Ta santé est précieuse.
Avec l’explosion des offres en santé et bien-être, de plus en plus de soins possibles émergent ou nous parviennent de l’autre bout du monde.
Faire son choix devient un défi majeur.
Comment choisir sereinement entre médecine conventionnelle et alternatives, comme l’Ayurvéda, sans risquer de tomber sur un·e charlatan ? Ce guide concret te donne les clés pour décider en toute lucidité, en France.
Menu :
- Qu’est-ce qu’un soin de santé ?
- Pourquoi choisir son mode de soin est si difficile aujourd’hui ?
- Charlatanisme en santé : définition légale et pièges à éviter en France
- 5 critères infaillibles pour repérer un praticien fiable (médecines occidentales ou alternatives)
- Identifiez vos besoins : le test en 5 étapes pour choisir sans regret
- L’Ayurvéda en France : forces, limites et complément à la médecine moderne
QU’EST-CE QU’UN SOIN DE SANTÉ ?
Un soin, selon le dictionnaire de l’Académie nationale de Médecine, désigne “l’ensemble des mesures et actes visant à faire bénéficier une personne des moyens de diagnostic et de traitement lui permettant d’améliorer et de maintenir sa santé physique et mentale.”
Cela implique d’explorer les aspects les plus intimes de votre vie. Vous êtes à un moment de votre vie où avez besoin d’aide pour vous fortifiez, ce qui vous rend vulnérable.
Il est donc crucial de choisir votre praticien·ne en toute lucidité.
Vous confiez corps et esprit à une personne qui pourrait abuser de cette ouverture. Gardez l’esprit critique comme allié premier, il protège sans vous isoler.
Que ce soit pour la médecine douce comme pour la médecine conventionnelle.
POURQUOI CHOISIR SON MODE DE SOIN EST SI DIFFICILE AUJOURD’HUI ?
Au delà de la médecine dominante, plus de 400 médecines non conventionnelles sont référencées au niveau international.
Les offres en santé et bien-être saturent le marché, amplifiées par la crise de confiance envers les institutions (scandales pharmaceutique, industrialisation des soins, manque de moyen, etc.).
Les personnes en souffrance physique ou émotionnelle sont en quête de sens et de proximité, tout en ayant besoin d’aide, ce qui les rend vulnérables.
L’enjeu est clair : poser un cadre critique sans renoncer à trouver l’aide nécessaire.
En France, la réglementation distingue médecine conventionnelle (diplômée) des alternatives (complémentaires, souvent non remboursées).
CHARLATANISME EN SANTÉ : DÉFINITION LÉGALE ET PIÈGES À ÉVITER EN FRANCE
Dans ce contexte, on entend beaucoup parler de “charlatan”, surtout lorsque l’on parle de médecines alternatives jugées « peu scientifiques » par la médecine conventionnelle.
Ce mot fait peur, et il a franchement de quoi.
Le charlatanisme, défini part l’article 39 du Code de la santé publique, cible des personnes qui exercent illégalement la médecine sans diplôme ou trompe sur leurs compétences.
Mais la frontière est floue.
Les scandales pharmaceutiques rappellent que la légitimité n’exclut pas l’abus. D’ailleurs, qui n’est jamais tombé sur un·e médecin qu’il a jugé incompétent voir dangereux malgré son diplôme ?
Derrière ce terme, il y a donc une réalité beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.
Malgré nos habitus, il est important de choisir son·a praticien·ne selon ses besoins intimes et d’explorer toutes les possibilités, sans suivre inconsciemment la voie dominante.
D’autant plus que l’histoire nous montre que cette question n’est pas seulement médicale, elle est aussi politique et culturelle.
Au delà de ce fascinant débat que nous pourrions aborder dans un prochain podcast, la priorité est là : chercher des outils pratiques pour trouver un praticien de confiance.
5 CRITÈRES INFAILLIBLES POUR REPÉRER UN PRATICIEN FIABLE (MÉDECINES OCCIDENTALES OU ALTERNATIVES)
Un·e praticien·ne de confiance coche TOUS ces critères, que la pratique soit conventionnelle ou traditionnelle :
- La transparence : un·e praticien·ne honnête te dit d’où iel vient, quelle est sa formation et surtout quelles sont ses limites. Iel n’a pas peur d’admettre ne pas tout savoir, et expose tout le cadre dans lequel se déroulera le soin.
- L’absence de promesse miracle : méfie-toi de ceux qui affirment “guérir” à coup sûr, ou avoir une solution universelle. La santé est complexe, elle dépend de nombreux facteurs, et personne ne peut prétendre tout résoudre. Un·e praticien·ne sérieux·se accompagne, propose, guide mais il ne promet RIEN.
- La capacité d’écoute : le soin ne se limite pas à une technique ou à une méthode. On doit vraiment vous écouter, prendre le temps de comprendre vos besoins, et adapter la pratique selon votre profil. L’écoute est la base de la relation de confiance.
- Le respect de votre liberté : iel ne t’enferme pas dans une dépendance, ne te fait pas culpabiliser si tu ne reviens pas, ne te pousse pas à multiplier les séances au-delà de ce qui est nécessaire, et respecte tes choix. La pratique doit se dérouler dans un espace de liberté, sans pression aucune.
- L’humilité : Le praticien n’est qu’un maillon dans ton cheminement. Iel n’a pas besoin de se présenter comme un·e “sauveur·se”. D’autres approches peuvent être complémentaires et parfois, sa pratique n’est pas la plus adaptée. Donc, si on te demande de stopper ton suivi et/ou ton traitement : fuis !
IDENTIFIEZ VOS BESOINS : LE TEST EN 5 ÉTAPES POUR CHOISIR SANS REGRET
Choisir un accompagnement en santé, ce n’est pas seulement trouver « le bon praticien ». C’est d’abord comprendre ce dont vous avez réellement besoin, aujourd’hui.
Pas ce que vous pensez devoir faire. Pas ce que les autres vous recommandent.
Mais ce qui est juste pour vous, dans votre réalité actuelle.
Voici un cadre simple pour y voir clair :
1. Clarifie ta priorité : traitement ou accompagnement ?
Commence par distinguer ce qui relève du médical et ce qui relève de l’accompagnement. Si ta situation nécessite un diagnostic, un traitement ou une intervention, la médecine conventionnelle reste prioritaire. Les approches comme l’Ayurvéda viennent en complément pour soutenir ton équilibre global. En cas de doute ou de problème de santé précis, appuie-toi sur un professionnel que tu consultes déjà.
2. Identifie ce que tu ne veux plus
Avant de chercher une solution, prends le temps de voir ce qui n’a pas fonctionné pour toi. Ce que tu as déjà essayé, ce qui t’a épuisé·e, ou les approches qui ne te correspondent pas. Cette étape t’aide à éviter de tourner en rond et à faire des choix plus justes.
3. Trouve une approche qui te ressemble
Toutes les pratiques ne sont pas faites pour tout le monde. Au lieu de chercher la « meilleure », cherche celle qui te parle vraiment. Regarde la philosophie, les méthodes, les objectifs. Tu dois sentir une forme de cohérence, quelque chose de simple et compréhensible, même sans tout maîtriser.
4. Être lucide sur le cadre
Un accompagnement demande du temps, de l’énergie et parfois un budget. Pose-toi des questions concrètes : à quelle fréquence ? quel engagement ? est-ce que ça s’intègre vraiment dans ton quotidien ? Le bon choix, c’est celui que tu peux tenir dans la durée.
5. Échanger et ressentir
Prends le temps de contacter les praticiens, de poser tes questions et de comprendre leur manière de travailler. Renseigne-toi aussi sur leur expérience avec ta problématique. Ensuite, écoute ton ressenti : est-ce que tu te sens en confiance ? est-ce que c’est clair ? Un bon accompagnement te rend autonome, pas dépendante.
Bonus : tu as le droit d’essayer
Tu peux avoir une préférence… et quand même tester plusieurs approches. Comparer, expérimenter, ajuster : c’est souvent comme ça que tu trouves ce qui te convient vraiment, sans pression.
L’AYURVÉDA EN FRANCE : FORCES, LIMITES ET COMPLÉMENT À LA MÉDECINE MODERNE
Cette pratique, originaire d’Inde et reconnu par l’OMS, repose sur une vision holistique de la médecine : corps, esprit, environnement. Elle invite à ralentir, à écouter ses déséquilibres, à agir en prévention plutôt qu’à attendre la maladie.
En France, beaucoup découvrent l’Ayurveda comme une alternative douce, un complément à leur parcours de santé. C’est une médecine alternative légale, personnalisée selon votre profil via, notamment, le test des doshas.
Mais il est important d’en voir aussi les limites. L’Ayurveda n’est pas un “remède miracle” : elle ne remplace pas un suivi médical en cas de maladie grave et elle doit s’adapter à notre culture, à nos modes de vie, à nos besoins spécifiques.
La docteure en médecine, Sivanandamoorthy Sivanthiny, originaire du Sri Lanka, nous montre bien dans sa thèse que cette pratique, en dehors de son contexte d’origine, devient une passerelle et une ouverture vers d’autres façons de prendre soin de soi.
Elle nous montre aussi que cette pratique ne remplace pas totalement la médecine conventionnelle et qu’il est important qu’elle reste complémentaire dans le cas par exemple de maladie grave comme des AVC.
Pour moi, l’essentiel n’est pas d’opposer ces médecines, mais de les croiser. Chacune a ses forces et ses limites. C’est dans la complémentarité qu’on trouve une véritable richesse.
Si tu veux en savoir plus, tu peux écouter l’épisode de mon podcast qui introduit cette médecine.
POUR FINIR…
Comme pour toutes choses, l’important est que tu t’écoutes et que tu te fasses confiance. Si tu ne sens pas quelque chose, ne lutte pas contre ton instinct, écoute toi et ne t’impose rien.